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Pourquoi le 16 Juin

Le 25 mai 2014, 20:29 dans People 0

16 juin 1976
Émeutes à Soweto en Afrique du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,
Une polémique sur l'apprentissage des langues dans le système d'éducation est à l'origine d'une manifestation qui se déroule à Soweto, en Afrique du Sud. Elle dégénérera en émeute, provoquant la mort de dizaines de personnes.

La politique de ségrégation raciale (apartheid) pratiquée en Afrique du Sud discrimine contre la majorité noire qui constitue environ les deux tiers de la population du pays. La contestation, portée par des mouvements comme le Congrès national africain (CNA), se développe au cours des années 60 et 70. À l'été 1976, des lycéens se mobilisent pour protester contre la décision des autorités de faire de l'afrikaans, d'origine européenne, une langue obligatoire dans les écoles bantoues. Le 16 juin, des milliers de jeunes participent à une manifestation pacifique à Soweto, une banlieue de Johannesburg. Elle est interrompue par une intervention policière. Des coups de feu sont tirés et une émeute éclate, causant des dizaines de victimes. Les affrontements se multiplieront au cours de l'année -Soweto, Port-Elisabeth, etc.- , entraînant une sévère répression. L'écho de ces tumultes contribuera cependant à sensibiliser la communauté internationale à la situation sud-africaine. Il en résultera des pressions de plus en plus fortes en faveur de l'abolition de l'apartheid.

Dans les médias...


S.A., «Conjonction dangereuse»

«..La plus grande vague d'émeutes qui ait jamais balayé la République sud-africaine, cette «explosion de frustration, de violence et de désespoir», selon l'évêque anglican de Johannesburg, marque, en effet, par son ampleur et surtout du fait de la conjoncture internationale dans laquelle elle s'inscrit, une date plus importante que le massacre de Sharpeville il y a seize ans. À l'époque, dans un pays où l'arrogance du pouvoir blanc se fondait sur des certitudes inébranlables et des frontières intangibles, une révolte de gueux supportant mal la brimade des «pass» à exhiber à tout propos ne prêtait pas à conséquence. En 1976, il n'y a plus guère que les tenants aveugles de l'«apartheid» pour attribuer, comme vient de le faire le ministre des affaires bantoues, les émeutes de Soweto à un «malentendu» (...) Le «consensus unanime» du Conseil de sécurité de l'ONU pour condamner vigoureusement à Pretoria -la réprobation française venant rappeler qu'il ne faut pas confondre la morale et les affaires- traduit l'isolement total du régime.»

Le Monde (France), 22 juin 1976, p. 1.

Paul Bernetel, «Rien ne sera plus comme avant»

«...Les mythes se sont évanouis. Et la réalité que d'aucuns s'évertuaient à ne pas voir par cécité, complicité ou intérêt, est apparue à tous. Vorster qui, tout de suite après, a repris son bâton de pèlerin d'apôtre de l'apartheid pour rencontrer Kissinger en Allemagne, ne pourra plus donner le change. Ni sur la nature de son régime ni sur ses intentions. Ni, ce qui est plus important, sur sa capacité, à lui et à ses amis, de changer «à partir du haut» le système raciste dont ils sont les produits. Plus rien ne sera comme avant. Cette réalité, il aura fallu plus de cent quarante morts et plus d'un millier de blessés pour la rendre tangible. C'est une première leçon (...) L'affaire est donc entendue. Le voeu louable de voir l'Afrique du Sud vivre demain dans la justice et l'égalité de tous ses habitants passe par l'élimination de Vorster et de ses semblables. Il y a dès aujourd'hui une minorité de Sud-Africains blancs qui a le courage de saisir cette vérité et qui manifeste sa solidarité avec les Noirs. Cette minorité n'est pas négligeable puisqu'elle est active au sein de l'intelligentsia, voire dans certains cercles industriels. L'Afrique doit l'aider en organisant l'isolement politique et diplomatique des oppresseurs de Pretoria.»

Jeune Afrique (France), 2 juillet 1976, pp. 20-21.

Georges Vigny, «Tableaux de la colère africaine en Bavière»

«...Le détonateur de la crise meurtrière aura été le refus des collégiens noirs des ghettos ceinturant Johannesburg d'apprendre l'afrikaans, langue assimilée à celle de l'apartheid. C'est la brutalité de la répression, c'est l'ordre donné à la police de faire usage de ses armes, qui ont fait le reste. Prétendre que ces émeutes étaient orchestrées de l'extérieur, que l'embrasement des autres ghettos n'était pas spontané, c'est joindre l'injure à l'insulte. C'est, en fait, vouloir ignorer que le feu couvait depuis longtemps, c'est refuser d'admettre l'iniquité de l'apartheid, c'est contester l'incontestable : la lèpre ronge la face de cette humanité blanche et aucune force au monde ne matera jamais le refus de l'Africain. Et plus implacable est la répression, plus sanglante et plus totale sera la prochaine manifestation du refus du Noir.»

Le Devoir (Québec, Canada), 21 juin 1976, p. 4.

Éditorial

«...All this provides a startling new backdrop for the forthcoming Vorster-Kissinger talks in West Germany. Until Soweto, the spotlight for the meeting had been on the racial problem in Rhodesia, which both men are anxious to see solved. But this latest clash inside South Africa inevitably underscores the severity and urgency of the racial problem there as well. All is not well at home for Mr. Vorster, much as he likes to take that stance. Though it can be argued that Soweto is an internal affair, most of the nations of the world are agreed that the apartheid policy which they condemn is an international concern. Dr. Kissinger condemned it anew during his recent African trip, and now it would be strange if this vexing subject did not arise during the Secretary of State's discussions with the South African Prime Minister. The one good result of the Soweto explosion, meanwhile, would be if it awakens white South Africans and their government to the imperative need for more changes and liberalization, rather than additional tightening up.»

The Christian Science Monitor (États-Unis), 18 juin 1976.

LE 16 JUIN

Le 25 mai 2014, 20:22 dans Société 0

Journée Mondiale de l'enfant Africain

4 contributions
Journée Mondiale de l'enfant Africain

Le 16 juin, les coalitions africaines de l'action mondiale contre la pauvreté organisent des actions simultanées pour la Journée de l’Enfant Africain.

Cette Journée de l’Enfant Africain est un événement annuel qui commémore le massacre des enfants de Soweto de 1976 par le régime de l’apartheid. Les coalitions de l’action mondiale contre la pauvreté ont choisi cette occasion pour en faire la Journée Africaine du Bandeau Blanc et pour faire une demande régionale auprès des dirigeants des pays concernés afin qu'ils agissent immédiatement pour éradiquer la pauvreté extrême qui cause la mort d'un enfant toutes les 3 secondes en moyenne.

De l'afrique du Sud au continent africain...

En Afrique du Sud, des enfants et des adultes viendront à Soweto pour exiger des dirigeants africains qu’ils aident les orphelins et les enfants vulnérables. Loise Bwambale, membre du parlement pan-africain, dirigera les opérations. Au Kenya, une mobilisation immense, avec près de 5000 enfants, se rassemblera à Thika. L’événement aura lieu au Kiandutu Slum, dont le pourcentage d’enfants orphelins est le plus élevé. Le vice président sera présent, mais l’invité d’honneur sera un enfant.

Au Sénégal, une manifestation énorme impliquant 500 enfants est prévue. Une réunion géante de lobbying avec le président du Sénégal et des enfants est prévue pendant l’événement. Des célébrités telles que Youssou NDour, Baaba Maal, Coumba Gawlo, Viviane Ndour, Mada Ba, Oumar Pene, Coumba Gawlo, Abdou Djite ont aussi été invitées. En Tanzanie, des mobilisations et une conférence de presse marqueront la Journée de l’Enfant Africain.